WIEGO élabore des notes statistiques offrant des données essentielles sur les travailleuse·eur·s à domicile, incluant leur nombre, leurs conditions de travail et leurs caractéristiques socio-économiques. Une note statistique, fondée sur les données de l’OIT couvrant plus de 100 pays, présente des statistiques mondiales, régionales et sous-régionales. Par ailleurs, des notes spécifiques pour quatre pays d’Asie du Sud détaillent la situation des travailleuse·eur·s à domicile aux niveaux rural, urbain et national. Une autre série de notes compile des données sur l’ensemble des travailleuse·eur·s de l’informel, incluant les travailleuse·eur·s à domicile, pour différents pays et échelons géographiques (villes, zones urbaines, pays).
Comptabiliser cette population active mais invisible
Des avancées notables ont permis d’affiner les méthodes et les directives statistiques pour le recensement des travailleuse·eur·s à domicile. Le programme de Statistiques de WIEGO a établi des directives pour estimer les travailleuse·eur·s à domicile ainsi que d’autres catégories de travailleuse·eur·s de l’informel. Pour un tableau statistique complet de cette population active, il est nécessaire de recueillir des informations précises sur leur lieu de travail, statut dans l’emploi, type de contrat et modes de rémunération.
En 2018, la 20e Conférence internationale des statisticiens du Travail a franchi une étape majeure pour améliorer les données sur les travailleuse·eur·s à domicile en adoptant la nouvelle Classification internationale du statut dans l’emploi (CISE-18). Celle-ci introduit une nouvelle catégorie des travailleuse·eur·s à domicile dans la classification : non salarié·e·s dépendant·e·s.
Malgré ces progrès, collecter des données fiables reste un défi. Certains pays n’intègrent pas de questions sur le « lieu de travail » dans leurs enquêtes sur les forces de travail (EFT) ou leurs recensements alors que la question est fondamentale pour repérer les travailleuse·eur·s à domicile. De plus, les recenseuse·eur·s, souvent non formé·e·s pour identifier ce groupe, classent par erreur ces travailleuse·eur·s comme des personnes effectuant uniquement des tâches ménagères (non rémunérées). Par ailleurs, un grand nombre de travailleuse·eur·s à domicile ne se reconnaissent pas nécessairement comme des « travailleuse·eur·s », ce qui complique davantage leur dénombrement, surtout celui des femmes.