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Événement à venir

114e session de la Conférence internationale du Travail (CIT)

  • 1 juin 2026 - 12 juin 2026
  • Siège de l'OIT
    Genève, Suisse

Crédit : Pierre Albouy / OIT

En juin 2026, les délégué·e·s des gouvernements, des employeurs et des travailleuse·eur·s de 187 États membres se réuniront à la Conférence internationale du Travail pour discuter des enjeux du monde du travail.

Cet événement, qui se tient chaque année au siège de l’Organisation internationale du Travail (OIT) à Genève, est le cadre où sont élaborées les normes internationales du travail et où sont définies les orientations générales de l’OIT.

Cette année, lors de la 114e session de la CIT, les délégué·e·s négocieront une éventuelle norme internationale du travail visant à promouvoir le travail décent dans l’économie de plateforme. Elles·ils discuteront également des mesures que l’OIT et les délégations peuvent mettre en œuvre pour promouvoir un programme transformateur en faveur de l’égalité des genres au travail, du dialogue social et du tripartisme.

WIEGO participera aux commissions de la Conférence aux côtés de représentant·e·s d’organisations de travailleuse·eur·s de plateforme, d’allié·e·s de la société civile et de leaders de l’Alliance internationale des récupératrice·eur·s, de la Fédération internationale des travailleuses domestiques (FITD), de HomeNet International, de StreetNet International et de l’Association des Femmes Indépendantes (SEWA).

Cette année, la priorité de WIEGO sera d’apporter des analyses de politiques et un soutien aux négociations des organisations de travailleuse·eur·s de plateforme participant aux discussions sur l’élaboration des normes. Par ailleurs, WIEGO travaillera à ce que les besoins des travailleuse·eur·s de l’informel soient pleinement intégrés dans les discussions sur l’égalité des genres et le dialogue social.

Notre appel pour une convention de l’OIT plus solide garantissant le travail décent dans l’économie de plateforme

Le projet de convention sur le travail décent dans l’économie de plateforme proposé par l’Organisation internationale du Travail (OIT) tente de combler les lacunes croissantes en matière de protection du travail, aggravées par le modèle des plateformes de travail numériques. Le texte présenté doit être renforcé afin de garantir une protection effective à des millions de travailleuse·eur·s à travers le monde.

  • La convention proposée devrait être universellement applicable à toutes et tous les travailleuse·eur·s de plateforme, qu’elles·ils soient en emploi formel ou informel. Elle doit également inclure les travailleuse·eur·s qui n’ont pas d’employeur — comme les travailleuse·eur·s pour compte propre — mais qui n’en restent pas moins dépendant·e·s économiquement des entités qui déterminent leurs revenus, leur accès au travail et leurs conditions de travail.
  • Un engagement ferme en faveur de l’égalité des genres doit être intégré : les risques et les vulnérabilités spécifiques auxquels sont confrontées les travailleuses doivent être traités dans l’ensemble des dispositions. Cette approche contribuera à rendre effectif le principe déjà consacré par l’OIT selon lequel toutes et tous les travailleuse·eur·s ont droit à un travail décent.
  • Les protections des travailleuse·eur·s doivent être intégrales, inclusives et s’inscrire dans une approche fondée sur les droits : la sécurité et la santé au travail doivent s’étendre à toutes et tous les travailleuse·eur·s de plateforme et inclure l’accès à des services répondant aux risques psychosociaux associés au travail sur les plateformes.
  • Le projet de convention ne doit pas s’en remettre aux législations nationales, qui excluent souvent de larges pans de travailleuse·eur·s de plateforme, notamment dans le cas de modalités d’emploi informelles ou atypiques. Le fait de s’appuyer sur les cadres nationaux risque de perpétuer ces exclusions.
  • La transparence et la redevabilité doivent être garanties dans la gouvernance des plateformes : les travailleuse·eur·s ont besoin d’informations claires, accessibles et actualisées sur le fonctionnement des algorithmes, la manière dont sont prises les décisions affectant l’attribution du travail et la rémunération, ainsi que la façon dont leurs données sont collectées, stockées, utilisées et régies. Les travailleuse·eur·s doivent avoir le droit de négocier collectivement sur les décisions de gouvernance.
  • Les entreprises de plateforme doivent prendre en charge les frais liés au travail : elles doivent couvrir les dépenses opérationnelles des travailleuse·eur·s telles que le carburant, les données mobiles et les produits de nettoyage. De plus, les travailleuse·eur·s doivent être rémunéré·e·s pour l’ensemble du temps de travail, notamment pour le temps d’attente et le temps passé à la disposition de la plateforme.

WIEGO se joint à 30 autres organisations de travailleuse·eur·s et de la société civile pour exiger que les revendications des travailleuse·eur·s soient intégrées dans le projet de convention. L’OIT a une occasion majeure de protéger les droits de millions de travailleuse·eur·s dans le monde en établissant des normes internationales du travail solides pour l’économie de plateforme. Ces normes doivent renforcer les droits fondamentaux au travail tout en faisant progresser de nouvelles protections qui reflètent les réalités du travail médié par les plateformes.