Les travailleuse·eur·s domestiques dans le monde : 5 faits essentiels

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Domestic worker in Brisa del Este, Santo Domingo
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WIEGO

Dans ce blog, nous soulignons les statistiques qui rendent visibles la taille et l’importance du secteur des travailleuse·eur·s domestiques. Des données provenant de 155 pays et territoires ont été utilisées pour examiner le travail domestique dans le monde et les résultats ont été publiés dans une nouvelle note d’information statistique, préparée conjointement par WIEGO et l’OIT.


Près de 76 millions de personnes dans le monde sont des travailleuse·eur·s domestiques

À l’échelle mondiale, on dénombre 75,6 millions de travailleuse·eur·s domestiques âgé·e·s de 15 ans et plus. Bien que le nombre de travailleuse·eur·s domestiques puisse être très différent d’une région à l’autre, la part de celles·ceux-ci représente, à peu près partout, 1 à 2 % de l’emploi total. Dans un peu plus de la moitié (97) des 155 pays disposant de données, le travail domestique représente moins de 2,5 % du total des emplois ; il se situe entre 2,5 et moins de 5 % du total des emplois dans 29 pays ; et dans 29 autres pays, il en représente 5 % ou plus.


Plus des trois quarts des travailleuse·eur·s domestiques sont des femmes

Dans le monde, 76 % des travailleuse·eur·s domestiques sont des femmes. À l’échelle mondiale, le travail domestique représente 4 % de l’emploi des femmes et 1 % de celui des hommes. L’écrasante majorité des femmes affectées au travail domestique (environ 80 %) sont employées comme agents de nettoyage ou comme aidantes. Les hommes employés dans ce secteur exercent, quant à eux, un éventail plus large d’activités : environ un tiers d’entre eux se déclarent dans la grande catégorie regroupant la sécurité, le jardinage et l’entretien des bâtiments ; environ un quart sont employés dans le nettoyage et l’aide à domicile ; enfin un peu moins d’un quart, dans la conduite de véhicules.


Les travailleuse-eur's domestiques par catégorie de revenu des pays et par région géographique : répartition en pourcentage et nombre de travailleuse-eur's domestiques dans le monde

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Graphique 1. Les travailleuse-eur's domestiques par catégorie de revenu des pays et par région géographique : répartition en pourcentage et nombre de travailleuse-eur's domestiques dans le monde

Répartition géographique des travailleuse·eur·s domestiques et travail exercé

L’immense majorité (62,2 millions, soit 82 %) des travailleuse·eur·s domestiques dans le monde se trouve dans les pays en développement et émergents, alors que 13,4 millions habitent dans des pays développés. Dans les pays développés du Moyen-Orient, près de la moitié (47 %) des femmes en activité sont des travailleuses domestiques, contre 15 % pour les hommes. Dans quelques pays seulement, le travail de nettoyage et d’aide représente moins de 80 % de ce que font les travailleuses domestiques. Au Brésil, en République dominicaine, en Équateur, en Jamaïque, en Serbie et aux États-Unis, une part relativement importante de femmes affectées au travail domestique est occupée à dispenser des soins directs (la Serbie a le taux le plus élevé, 43 %). Une très faible part d’hommes est employée dans les soins directs, qui consistent à assurer directement des soins à la personne : aux enfants, aux personnes âgées ou à d’autres membres de la famille. Les États-Unis sont l’exception, avec 16 % d’hommes et 20 % de femmes dans le travail domestique dispensant des soins directs.


Comparaison des salaires

À l’échelle mondiale, les salaires des travailleuse·eur·s domestiques représentent environ 56 % de ceux des salarié·e·s non domestiques, les travailleuse·eur·s domestiques des pays en voie de développement gagnant moins d’un tiers du salaire non-domestique. Les femmes gagnent beaucoup moins que les hommes dans chaque catégorie des pays regroupés par revenu. Dans les pays développés, les travailleuse·eur·s domestiques gagnent 53 % du salaire moyen des salarié·e·s non domestiques. Leurs plus faibles revenus peuvent s’expliquer par des horaires de travail plus courts, puisque près de la moitié d’entre elles·eux travaillent moins de 35 heures par semaine. En revanche, ce sont les travailleuse·eur·s domestiques des pays en développement qui gagnent le moins par rapport aux salarié·e·s non domestiques, alors qu’elles·ils ont tendance à travailler plus longtemps en moyenne. Les travailleuse·eur·s domestiques logé·e·s [chez l’employeuse·eur] ont deux fois plus de probabilité que les non-logé·e·s de travailler plus de 48 heures par semaine. Dans le travail domestique, les femmes s’en sortent moins bien que les hommes : elles gagnent 51 % de ce que perçoit, en moyenne, l’ensemble des salarié·e·s non domestiques ; les hommes, 67 %.


La grande majorité des travailleuse·eur·s domestiques travaillent dans le secteur informel

Environ 80 % des travailleuse·eur·s domestiques travaillent dans le secteur informel. La plupart des travailleuse·eur·s domestiques sont salarié·e·s (employees). Les salarié·e·s sont considéré·e·s dans l’informalité si leurs employeuse·eur·s ne versent pas de contributions à la sécurité sociale à leur nom et pour leur compte, ou si elles·ils ne bénéficient pas de congés annuels ou de congés de maladie payés. La part de l’emploi informel chez les travailleuse·eur·s domestiques est deux fois plus importante que celle des salarié·e·s non domestiques (40 %). Toujours chez les travailleuse·eur·s domestiques, une plus grande proportion d’hommes que de femmes travaillent dans le secteur informel : 87 % d’hommes contre 79 % de femmes. La part de travailleuse·eur·s domestiques qui est dans l’informalité dans les pays émergents et en développement est supérieure à celle connue dans les pays développés. En Europe de l’Est et du Sud et en Asie centrale, le taux d’informalité dans le travail domestique atteint 88 % chez les hommes et 69 % chez les femmes ; en Afrique australe, il est de 89 % et 80 %, respectivement.


Photo principale : María Cornelia Valdez est une travailleuse domestique à Brisa del Este, Saint-Domingue, en République dominicaine. Crédits : Sofia Trevino, WIEGO.

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