4 façons dont les travailleuse·eur·s de l’informel utilisent les coopératives

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Waste picker in Belo Horizonte, Brazil
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WIEGO

‘Coopérative... honnêteté ! Coopérative... pouvoir ! Coopérative... progrès !’

Ce cri de ralliement adopté par les coopératives de l’État de Lagos, au Nigeria, est associé à de nombreuses histoires. Certaines sont racontées dans des podcasts où les discussions avec les gens permettent de mettre en lumière ce que les coopératives font de bien et ce qui peut être fait pour surmonter leurs défis.

En juin 2022, une délégation de travailleuse·eur·s représentant l’Alliance mondiale des récupératrice·eur·s, la Fédération internationale des travailleuses domestiques (FITD), HomeNet International, l’Association des femmes indépendantes (SEWA) d’Inde, StreetNet International et WIEGO a participé à la discussion générale de la 110e Conférence internationale du Travail sur le travail décent et l’économie sociale et solidaire (ESS). Dans un document de position, la délégation a remarqué l’importance de s’appuyer sur les fondements des instruments internationaux sur les coopératives et a déclaré que le bureau de l’OIT devrait renforcer le partenariat avec les organisations représentatives des travailleuse·eur·s de l’informel, y compris les unités de l’ESS, afin d’optimiser de manière appropriée les leçons tirées de l’expérience des coopératives.

Les premières conclusions encouragent les États membres à reconnaître « expressément que l’économie sociale et solidaire est un bon moyen pour assurer le développement durable, la justice sociale, le travail décent, l’emploi productif et l’amélioration des niveaux de vie pour tous ». Voici quelques exemples des moyens utilisés par les travailleuse·eur·s de l’informel pour atteindre cet objectif :


Les travailleuse·eur·s de l’informel du Nigeria ont accès à une assurance par le biais d’une coopérative

La coopérative de la Fédération des organisations de travailleuse·eur·s de l’informel du Nigeria (FIWON) est un collectif entièrement dirigé par des travailleuse·eur·s de l’informel qui facilite l’accès de ses membres à une assurance. Elle a des sections dans les villes nigérianes de Lagos et d’Osun. Commencer petit, commencer tôt et commencer seul sont parmi les leçons tirées de l’étude de cas de la FIWON documentée dans le rapport. Les leaders de la FIWON ont compris que l’auto-organisation est la voie à suivre pour promouvoir l’autonomisation économique et la protection sociale des travailleuse·eur·s de l’informel. Inspirée par des exemples tels que SEWA en Inde, la coopérative vise à obtenir suffisamment de soutien de la part des bailleuse·eur·s de fonds pour pouvoir augmenter le nombre de membres, puis créer ses propres organisations qui fourniront une assurance sociale directement à ses membres. Les résultats de l’étude de cas pourraient être utiles à d’autres dans des contextes où la confiance publique a été considérablement érodée et où l’investissement du gouvernement dans la protection sociale est faible.

Continuez à lire sur les défis et les leçons que la coopérative FIWON a tirés de l’extension de la protection sociale aux travailleuse·eur·s de l’économie informelle.


Une coopérative indienne répond à un besoin de garde d’enfants à temps plein

En réponse au besoin pressant des travailleuses de l’informel d’avoir accès à des services de garde d’enfants à temps plein à Ahmedabad, en Inde, l’Association des femmes indépendantes (SEWA) a créé une coopérative de garde d’enfants appelée Sangini. Les 11 centres que la coopérative gère pour les membres de la SEWA accueillent à temps plein les enfants jusqu’à l’âge de six ans. Les travailleuses des garderies, appelées balsevikas, sont issues de la même communauté que les enfants et les travailleuses de l’informel. La structure coopérative et l’orientation communautaire des services de garde d’enfants garantissent l’ancrage des balsevikas dans leurs communautés, ce qui a été d’une aide précieuse en 2020 et 2021 pendant la pandémie. Les principaux objectifs de la coopérative Sangini sont de renforcer l’autonomisation économique, l’indépendance et les conditions de travail des travailleuses de l’économie informelle en leur donnant accès à des services de garde d’enfants à plein temps, et d’améliorer les services de développement de l’enfant par une approche intégrée axée sur la nutrition, les soins de santé et l’éducation.

Découvrez le travail de Sangini pendant la pandémie de la COVID-19 consistant en des services de garde d’enfants à plein temps pour les travailleuses de l’informel en Inde.


Au Brésil, les coopératives servent d’amortisseur aux récupératrice·eur·s de matériaux

Au Brésil, les coopératives ont permis aux récupératrice·eur·s de matériaux (catadores) d’accéder à des aides pendant la pandémie de la COVID-19. Elles ont ainsi joué un rôle d’amortisseur contre les pires effets de la crise économique grâce à leur participation à des programmes de soutien tels que le système de logistique inverse. Au Brésil, l’impact négatif de la pandémie est aggravé par le chaos généralisé provoqué par le démantèlement des réseaux de santé publique et de diverses politiques sociales. Les enquêtes de WIEGO ont révélé que c’est grâce aux coopératives que les protocoles de la COVID-19 ont pu être rapidement mis en œuvre dans les hangars de triage utilisés par les catadores. Cela a non seulement permis de réduire les risques sanitaires pour les membres des coopératives, mais aussi d’accroître leur crédibilité auprès des agents publics.

Découvrez comment les coopératives de récupératrice·eur·s de matériaux au Brésil ont soutenu leurs membres en leur fournissant de l’argent et de la nourriture, en organisant des formations sur les protocoles de santé et de sécurité et en distribuant des équipements de protection individuelle pendant la pandémie de la COVID-19.


L’UTEP donne la parole aux travailleuse·eur·s exclu·e·s en Argentine

En Argentine, le Mouvement des travailleuse·eur·s exclu·e·s (Movimiento de Trabajadores Excluidos, MTE), qui rassemble des personnes exclues du marché du travail formel, a donné naissance au Syndicat des travailleuse·eur·s de l’économie populaire (Unión de Trabajadores de la Economía Popular, UTEP). Ce mouvement a vu le jour il y a vingt ans, lors d’une crise financière qui a plongé 21 % de la population active dans le chômage. L’un des principaux effets de la crise a été l’augmentation rapide du nombre de personnes fouillant les déchets dans l’espoir de trouver des matériaux recyclables à vendre. Les conditions de travail des récupératrice·eur·s de matériaux étaient exécrables, sans aucune protection sociale. Le premier groupe du MTE a été créé dans ce contexte et, sur la base des expériences des récupératrice·eur·s, le mouvement s’est étendu pour atteindre les travailleuse·eur·s de l’informel d’autres secteurs. À la suite d’un processus au cours duquel les coopératives de récupératrice·eur·s de matériaux de la capitale Buenos Aires ont discuté avec des organismes publics, des entreprises privées et des organisations non gouvernementales –et ont fait connaître leurs revendications–, les coopératives jouent un rôle actif dans la gestion des déchets solides. 

Découvrez comment la création de l’UTEP est une étape cruciale dans le soutien aux travailleuse·eur·s de l’économie informelle.


Photo du haut : Un membre d'une coopérative de récupératrice·eur·s à Belo Horizonte, au Brésil, illustre le processus de tri. Crédit : WIEGO
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