TRAVAILLEUSES DOMESTIQUES : Les travailleuses de première ligne font face aux défis du COVID-19

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domestic worker and client JohanneburgÉtant donné que leur travail exige qu’elles soient chez d’autres, souvent dans plusieurs foyers, et qu’elles entrent en contact étroit avec des personnes et des objets qui peuvent être porteurs du virus, les travailleuses domestiques sont en première ligne dans cette pandémie et sont celles qui risquent davantage.

En effet, une employée domestique de 63 ans à Rio de Janeiro a été infectée par le coronavirus par l’intermédiaire d’un client qui venait de rentrer de l’Italie. L’employée est décédée le 17 mars.

Depuis le début de la pandémie mondiale, les travailleuses domestiques de toutes les régions du monde ont signalé de multiples problèmes. On a demandé aux travailleuses en résidence de travailler davantage pour maintenir la maison de leurs employeuse·eur·s encore plus propre ; certaines ont été empêchées de quitter la maison.

Bon nombre de celles qui continuent à travailler ont également eu plus de travail – sans augmentation de salaire – ou ont vu leurs heures annulées sans compensation.

La Fédération Internationale des Travailleurs Domestiques a exigé des congés maladie payés et une indemnisation adéquate en cas de licenciement dans sa Déclaration sur la protection des droits des travailleurs domestiques et la lutte contre la pandémie de coronavirus.

La plupart des travailleuses domestiques ne peuvent cesser de travailler sans perdre le revenu essentiel dont elles et leurs familles ont besoin pour survivre.


Interventions pour les travailleuses domestiques

À Pune, en Inde, où des cas de coronavirus ont été signalés, les citoyen·ne·s ont commencé à former les travailleuses domestiques et d’autres personnes sur la façon de réduire le risque de contracter ou de propager cette maladie.


Pays-Bas : La Confédération syndicale des Pays-Bas (FNV) aide ses membres, des travailleuses domestiques migrantes, à plaider auprès de leurs employeuse·eur·s pour le maintien du travail ou du paiement lorsqu’elles·ils n’ont pas besoin de leurs services ou fonctions. Lorsque les travailleuses domestiques, et en particulier les migrantes, perdent leurs revenus quotidiens, elles éprouvent vite des difficultés financières.

Un groupe a proposé la création d’un fonds d’urgence auquel les client·e·s et des tiers peuvent transférer des fonds de soutien. Les fonds peuvent ensuite être divisés et émis à celles qui ont perdu leurs revenus.

Ce groupe a également donné des instructions concernant la santé et la sécurité sur le lieu de travail, en particulier le maintien de la distance sociale et l’intensification des procédures d’hygiène.

Les membres de FNV ont reçu une lettre de modèle pour l’utiliser avec leurs client·e·s. On y demande que la travailleuse domestique soit autorisée à continuer à fournir ses services. Si le client ou la cliente suspend ses services, la lettre lui demande de prendre au sérieux ses obligations en tant qu’employeuse·eur et de continuer à payer au moins 70 % du salaire régulier. Si la travailleuse domestique le souhaite, elle peut diriger les clients vers la direction syndical de la FNV, qui informera la cliente ou le client des droits des travailleuses domestiques conformément à la Charte sociale européenne sur les droits fondamentaux du travail.


Au Brésil, la Fédération nationale des travailleuses domestiques (Fenatrad) et Themis (Genre, Justice et Droits humains) ont lancé une campagne pour que les travailleuses domestiques (en portugais) obtiennent un congé payé pendant que le risque d’infection se poursuit, ou pour qu’elles reçoivent les outils de protection adéquats contre les risques, y compris les masques et le gel désinfectant pour les mains.


Aux États-Unis, l’Alliance Nationale des Travailleuses Domestiques (NDWA) a lancé un Fonds de soins pour le coronavirus : un fonds de secours d’urgence pour les travailleuses domestiques confrontées à des difficultés à la suite de cette pandémie mondiale. L’objectif du fonds est de collecter 4 millions de dollars pour soutenir 10 000 travailleuses.

Ai-jen Poo, fondateur de l’Alliance Nationale des Travailleuses Domestiques, a écrit un article publié par le New York Times. « Protéger le personnel soignant du coronavirus : les travailleuses qui ont été dans l’ombre pourraient être essentielles pour endiguer la propagation du virus ».

La NDWA a également rassemblé des ressources pour ses membres afin de les aider à surmonter les risques.

Article sur la façon dont le COVID-19 affecte les travailleuses domestiques étasuniennes.


Au Pérou, les travailleuses domestiques demandent aux employeuse·eur·s de leur fournir des contrats écrits, de sorte que pendant le couvre-feu imposé actuellement, elles puissent disposer d’un contrat leur permettant de se déplacer vers leur lieu de travail.

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